Mes réflexions éclairées ou non, sur tout et rien.

Le rap français à forgé mes convictions.

On est en 2003, le groupe Sniper sort le titre « Sans (re)père » et ça fait chez moi l’effet d’une balle. De là, progressivement les morceau de Sum 41 et Marilyn Manson ont cédé leur place à des mélodies rap. A l’époque j’avais 12 ans, en pleine recherche de modèles. A ce moment, le rap est apparue comme une évidence. Des textes riches, engagés et une énergie communicative.

De titre en titre, d’album en album, je découvre tout un univers que j’ignorais jusque là. Le racisme, les violences policières, les inégalités sociales et tant de raisons de vouloir lever le point au ciel en hurlant à l’injustice. Révolté au fur et à mesure que je prend conscience de la situation d’une partie de la France, le rap me conduit à l’envie d’apprendre. En 2005, deux ans plus tard, Médine sort un album qui ne manque pas de faire polémique. Jihad le plus grand combat est contre soi-même. Ce titre affiché en grand sur l’album avec un sabre à la place du J.

Rappelons que nous somme en 2005. Les Etats-Unis d’Amérique sont en guerre contre l’Irak, Nicolas Sarkozy est Ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, c’est pas le meilleur moment pour ce genre de pochette. Sauf que le discours engagé conjugué à la voix rocailleuse de l’artiste me captive plus qu’aucun album ne l’a jamais fait avant. D’ailleurs, les titres étaient aussi fort que le nom de l’album.

  • Premier sang
  • Ennemi d’état
  • Combat de femmes
  • Qui veut la paix
  • Jihad

Avec du recul, je pense que c’est cet album qui a marqué mon véritable engouement pour le rap français. Depuis Médine m’a fait découvrir des noms que j’ignorais et dont les histoires ont forgé mes convictions d’aujourd’hui. Il m’a appris que la provocation est un outil puissant pour créer des débats sur les sujets qu’on aborde pas alors qu’on devrait. Il m’a fait comprendre que chacun peut devenir un révolutionnaire pour changer le monde. J’ignore qui j’aurais été sans le rap et à vrais dire, ça n’a pas d’importance.

« Besoin de visiter l’Afrique pour écraser mon ego
Besoin d’étudier notre histoire
Pour ne plus avoir besoin de bricoler dans notre histoire
Ou de l’entendre modifiée par un autre »
Besoin de résolutions

Le rap existe depuis les années 1970. En 2020, ça fait 50 ans que ce genre musical existe. Alors entendre parfois que le rap se résume à « nique la sœur à intel » m’énerve au plus haut point. Qu’on aime ou pas, c’est une chose. Ce qui me dérange est qu’on résume toute une culture musicale à une phrase qui ne la représente absolument pas. Qu’on puisse juger tout un mouvement sans même avoir pris le temps de le découvrir, malgré ses 50 ans. Ceci dit, le rap c’est aussi des paroles vulgaires. En effet. Tout comme des chansons d’amour, des chants religieux, des messages de révoltes, de l’égotrip (des textes qui vante excessivement la supériorité de l’artiste par rapport aux autres) et tant d’autres choses.

Le rap est la parole de plusieurs générations, dans leurs rires, ambitions et leurs larmes. L’ignorer volontairement et se permettre de le réduire à deux insultes est insultant. Mai 69 n’était pas un chaos organisé par des anarchistes aux cheveux longs. Le rap n’est pas une « sous culture d’analphabètes ».

Médine – Enfants Forts (2019)
Oxmo Puccino – L’enfant seul (1998)
Kery James – Lettre à la République (2012)

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